Physical Address

304 North Cardinal St.
Dorchester Center, MA 02124

conjugopathie

Conjugopathie : quand les couples partagent des troubles

Ce n’est un secret pour personne : être un couple demande beaucoup de travail. Il faut de la confiance, de la patience, des compromis et toute une série de compétences de vie. Mais parfois, des turbulences surviennent. La thérapie de conjugaison s’installe.

Conjugopathie: le couple comme défi

Les hommes du XXe siècle n’ont pas inventé le concept de couple conjugal. Dans l’histoire en général, on constate que cette notion est extrêmement ancienne. Le couple est une entité clinique à part entière, avec sa propre dynamique, ses codes et ses habitudes. Former un couple, c’est créer un nouveau territoire d’intimité autour de cette entité qui nous dépasse, mais en même temps, c’est ouvrir notre propre territoire individuel d’intimité à l’autre et au couple. C’est l’un des grands défis de la vie.

Avant de s’engager et d’être bien dans une relation avec l’autre, il faut être bien avec soi-même, savoir être seul et ne pas dépendre de l’autre. Il sera alors plus facile, une fois en couple, d’accepter la différence de l’autre, sa liberté de pensée… Vivre en couple, c’est aussi apprendre à négocier en permanence, à éprouver des sentiments multiples et parfois antagonistes. L’individu, en fonction de son environnement, de ses difficultés, de sa tranche d’âge, de ses limites, change. Nous sommes en perpétuel mouvement. Il est donc difficile pour l’autre, dans toute relation, de trouver sa voie lorsque les comportements et les réactions changent. Or, le premier critère de réussite d’un couple est la communication, dire les choses que l’on ressent plutôt que de les enfouir et éviter ainsi l’imaginaire de l’autre. Il s’agit aussi d’écouter l’autre, de ne pas le prendre comme un critique et d’accepter qu’il partage ses sentiments avec vous et surtout, d’arrêter de se positionner comme une victime. Le respect de l’autre est, bien sûr, une règle d’or pour la réussite du couple, c’est la base des relations saines avec, toujours, la reconnaissance de ses défauts. Mais la vie de couple n’est pas un long fleuve tranquille et les obstacles sont nombreux.

Crise ou thérapie conjugale pour résoudre la conjugopathie

La thérapie conjugale est un trouble psychologique, proche de la dépression, généralement grave, qui est la conséquence de relations conjugales insatisfaisantes (conjugopathie) et peut conduire au suicide. Le couple a atteint un point où les deux partenaires ne s’y reconnaissent plus. Chacun interprète mal les paroles et les attitudes de l’autre et les perçoit souvent de façon négative. Les conflits, s’ils ne sont pas exprimés, dégénèrent toujours en ressentiment latent et finissent par entraîner une rupture de la communication.

Lorsqu’un événement douloureux n’est pas explicité, il devient comme un tiers entre les partenaires. Il y a un risque qu’il revienne plus tard, sous une autre forme, de manière plus ou moins violente. Chacun vit alors le moindre mot de son partenaire, le moindre geste, le moindre regard comme une agression. Le dialogue est rompu, l’intimité n’existe plus. Les phases de crise se multiplient pour devenir chroniques. Le couple est au bord de la séparation, voire du divorce. Certains abandonnent le navire, mais d’autres restent malgré la souffrance conjugale. Le couple est en crise et toutes les raisons sont réunies pour s’adresser à un thérapeute, un regard neutre et avisé. Une démarche qui répond à l’impérieux désir de quitter une souffrance.

Le couple en thérapie

A la consultation, le couple, système qui se déchire, arrive avec deux individus qui ont des comptes à régler. La logique du don a été remplacée par celle de la vengeance. La première urgence est que le couple sorte du cercle vicieux du reproche et du silence. Au lieu de se focaliser sur les aspects intimes du couple, il vaut mieux élargir le regard et observer non seulement les interactions entre les membres des deux personnes qui sont là mais aussi leur contexte. Le macroscope plutôt que le microscope. Pourquoi faut-il élargir le regard ? Parce que si vous avez une pathologie importante, il est rare, même rare, que la conjugalité suffise à produire cette pathologie.

Il faut plus qu’une relation de couple pour provoquer une dépression grave. Il faut aussi solliciter les familles d’origine pour élargir le point de vue, et même les appartenances professionnelles. Le thérapeute aide à rétablir la communication, même si cela ne résout pas la conjugopathie, mais c’est un préalable nécessaire. Le thérapeute met en place un cadre qui permet à chacun d’avoir son espace et son temps. Le dialogue permet aussi de comprendre, lorsque l’échec est consommé, d’identifier le conflit, d’examiner ce qui n’a pas fonctionné pour ne pas revivre les mêmes déceptions.

Être entendu par l’autre, plus encore dans ce qu’il ressent que dans le contenu de ce qu’il vit, aide les partenaires à se rejoindre. Prendre du recul pour comprendre, avoir les moyens d’exprimer son insatisfaction par rapport à la relation et non par rapport à l’autre. Le couple doit se refaire une santé en passant naturellement du  » je  » au  » nous  » : les partenaires sont au service du couple quand c’est nécessaire ; et parfois le couple est en retrait, pour soutenir les projets individuels. Quelle est leur sphère commune, quelle est leur priorité, qu’ont-ils envie de partager sont les questions que le thérapeute peut aider le couple à se poser. La volonté de surmonter leurs difficultés est un facteur déterminant de la réussite de la thérapie de couple.

La sculpture de couple

La sculpture de couple est un outil utilisé lorsque la communication verbale ne suffit plus, lorsque les mots ont perdu leur sens. Cette thérapie psycho-corporelle est un nouveau mode d’expression, où chacun des protagonistes va mettre en scène la posture qui symbolise son couple aujourd’hui et se concentrer sur ses sentiments. L’objectif est de libérer les tensions physiques afin de résoudre, par la même occasion, les blocages psychiques et de fait la conjugopathie.